Le choix du métal
Le métal se prête à toutes les contorsions : coupé, tordu, frappé, étiré, fondu, percé, soudé. Il passe sous le chalumeau, la torche plasma, le feu de la forge, entre le marteau et l’enclume, sous la morsure de la meuleuse.
Le métal se glane n’importe où : dans un bois, dans une friche, dans une décharge, dans les garages et les caves de tous ses amis… les morceaux collectés évoquent pour moi des lieux et des rencontres … Le tout assemblé devient une œuvre nouvelle qui en garde la mémoire.
J’aime à jouer sur les oppositions, les contrastes, les contradictions. Alors que le métal évoque un matériau froid et brut, je tâche de le travailler tout en délicatesse. Alors que cet acier corrodé donne l’idée de la force et de la pérennité, je choisis de représenter des êtres vivants, fragiles et mortels.
Les sujets
Mes premières œuvres se sont attachées aux bestioles et aux oiseaux. Réinterprétés, parfois exagérément agrandis, je cherche à provoquer chez le spectateur la curiosité, l’observation minutieuse du savant en admiration devant l’ingéniosité de la nature.
J’ai travaillé un temps sur le sujet de la symbiose animale. Rien n’est étanche dans la nature, je m’offre en médiateur entre la nature et le spectateur, je cherche à faire découvrir ces stratégies de survie et d’intelligence sub-verbales.
Évidemment, mes œuvres doivent beaucoup à mon premier métier de paysagiste-concepteur, dans lequel on cherche à révéler un site comme je cherche à révéler les qualités d’une matière. Comme le paysagiste organise un site de manière à ce que son intervention soit la plus évidente et imperceptible possible, mes branches paraissent parfois tombées de l’arbre.
Je travaille en ce moment sur des oxydations pour imiter les teintes des lichens, encore un lien entre deux règnes, celui de l’algue et du champignon…